Suite à l'une des innombrables altercations entre mes parents, ma mère s'est enfuie. Mon frère et moi étions sur la banquette arrière.
C'était une nuit pluvieuse, chose commune dans notre pays, et bien entendu, le sommeil est venu nous chercher. Mon frère s'est allongé, a posé sa tête sur ma jambe pour ensuite sombrer dans les bras de Morphée. Il ne m'a pas fallu longtemps pour succomber, moi aussi, au marchand de sable...
Lorsque je me suis réveillé, il semblerait que je pleurais, je hurlais. Il y avait des inconnus autour de moi. Il y avait aussi du sang.
Mes bribes de souvenirs ne m'ont guère apporté grand chose de plus.
J'ai appris par la suite qu'une motte de terre, souvent laissée par les tracteurs, une fois mouillée, possédait la surprenante propriété de permettre à un véhicule de déraper, et d'emboutir un mur sur sa lancée.
Je me suis retrouvé à l'hôpital, et ai été placé dans une chambre obscure, partagée avec un autre malade et où j'ai passé la nuit. Cette présence dans la pièce aurait dû me rassurer. Malheureusement, ce ne fut pas le cas.
Par chance, j'ai reçu la permission de sortir le lendemain. Je n'avais rien, juste un choc au dos, mais totalement bénin, et ma mère n'avait reçu qu'un coup à la cheville. Une simple foulure.
Par contre, mon petit frère a eu beaucoup moins de chance. Allongé comme il était, son petit corps a décollé : son nez a été pulvérisé. Après une nuit aux médecins pour le reconstruire, il est resté plus d'un mois à l'hôpital, le visage tuméfié, une balafre sur le visage.
Le lendemain de ma sortie, j'ai pu reprendre les cours. Et ce jour-là, j'étais en retard.
Lorsque je suis entré dans la classe, pensant me faire punir pour mon retard, la surprise et l'émotion m'ont envahies. Toute la classe m'a applaudi, pour je ne sais quelle raison d'ailleurs, mais elle m'a applaudi. Je crois même que j'en ai pleuré.
Mon frère est sorti de l'hôpital, mais n'a plus jamais été le même depuis. Cette blessure physique en a créé une autre, psychologique celle-là.
Avec le temps, tout s'efface, tout guéri. Sa cicatrice disparaît, et les douleurs du cœur s'apaisent.
Affichage des articles dont le libellé est Souvenirs d'enfance. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Souvenirs d'enfance. Afficher tous les articles
dimanche 13 septembre 2009
jeudi 10 septembre 2009
Une soirée comme une autre
Le sommeil l'avait emporté depuis peu quand des cris l'ont arraché aux bras de Morphée. Déjà en pleurs, le corps convulsés de petits tremblements irrépressibles, un enfant de six ans a ouvert la porte coulissante de sa chambre et s'aperçoit que ces cris étaient ceux de sa chère mère, tel un petit être fragile entre les mains du père.
Autour, des chaises ont perdu leur combat et gisent sur le sol; des pots de fleurs brisés ont étalé leur contenu sur le carrelage blanc; et la mère, le visage tuméfié, appelle à l'aide, à genoux face à son tortionnaire, maintenue par les cheveux.
Le petit garçon se retrouve acculé. Partir chercher de l'aide, ou rester et regarder ? Il doit désobéir à l'un de ses parents. Sa mère, son père ?
Son choix est fait. Tremblant, les joues recouvertes de larmes, il sort aussi vite qu'il peut. Derrière lui, son père lui hurle de revenir mais il ne peut pas, il ne le veut pas.
Il s'empresse de monter sur sa bicyclette, et roule aussi vite que ses jambes le lui permettent: il le doit s'il veut espérer sauver sa mère.
Cette peur l'envahi. Et s'il arrivait trop tard ? Éclairé par la lune, il pleure.
Près de trois kilomètres plus tard, il arrive enfin chez son institutrice, qui lui ouvre la porte sans hésiter. Il faut appeler la police, encore.
Des agents sont venus, ils l'ont calmé, pour cette fois, et ont encore espéré que ma mère porte plainte, sans succès.
La soirée s'achève, sa mère est vivante, l'enfant a réussi.
Et il espère qu'il en sera aussi de même les prochaines fois.
Autour, des chaises ont perdu leur combat et gisent sur le sol; des pots de fleurs brisés ont étalé leur contenu sur le carrelage blanc; et la mère, le visage tuméfié, appelle à l'aide, à genoux face à son tortionnaire, maintenue par les cheveux.
Le petit garçon se retrouve acculé. Partir chercher de l'aide, ou rester et regarder ? Il doit désobéir à l'un de ses parents. Sa mère, son père ?
Son choix est fait. Tremblant, les joues recouvertes de larmes, il sort aussi vite qu'il peut. Derrière lui, son père lui hurle de revenir mais il ne peut pas, il ne le veut pas.
Il s'empresse de monter sur sa bicyclette, et roule aussi vite que ses jambes le lui permettent: il le doit s'il veut espérer sauver sa mère.
Cette peur l'envahi. Et s'il arrivait trop tard ? Éclairé par la lune, il pleure.
Près de trois kilomètres plus tard, il arrive enfin chez son institutrice, qui lui ouvre la porte sans hésiter. Il faut appeler la police, encore.
Des agents sont venus, ils l'ont calmé, pour cette fois, et ont encore espéré que ma mère porte plainte, sans succès.
La soirée s'achève, sa mère est vivante, l'enfant a réussi.
Et il espère qu'il en sera aussi de même les prochaines fois.
Inscription à :
Articles (Atom)