Le sommeil l'avait emporté depuis peu quand des cris l'ont arraché aux bras de Morphée. Déjà en pleurs, le corps convulsés de petits tremblements irrépressibles, un enfant de six ans a ouvert la porte coulissante de sa chambre et s'aperçoit que ces cris étaient ceux de sa chère mère, tel un petit être fragile entre les mains du père.
Autour, des chaises ont perdu leur combat et gisent sur le sol; des pots de fleurs brisés ont étalé leur contenu sur le carrelage blanc; et la mère, le visage tuméfié, appelle à l'aide, à genoux face à son tortionnaire, maintenue par les cheveux.
Le petit garçon se retrouve acculé. Partir chercher de l'aide, ou rester et regarder ? Il doit désobéir à l'un de ses parents. Sa mère, son père ?
Son choix est fait. Tremblant, les joues recouvertes de larmes, il sort aussi vite qu'il peut. Derrière lui, son père lui hurle de revenir mais il ne peut pas, il ne le veut pas.
Il s'empresse de monter sur sa bicyclette, et roule aussi vite que ses jambes le lui permettent: il le doit s'il veut espérer sauver sa mère.
Cette peur l'envahi. Et s'il arrivait trop tard ? Éclairé par la lune, il pleure.
Près de trois kilomètres plus tard, il arrive enfin chez son institutrice, qui lui ouvre la porte sans hésiter. Il faut appeler la police, encore.
Des agents sont venus, ils l'ont calmé, pour cette fois, et ont encore espéré que ma mère porte plainte, sans succès.
La soirée s'achève, sa mère est vivante, l'enfant a réussi.
Et il espère qu'il en sera aussi de même les prochaines fois.
jeudi 10 septembre 2009
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