mercredi 9 septembre 2009

Univers-Cité

La vie étant, j'ai eu la prodigieuse opportunité de suivre des cours dans une université, trois années durant.
Quel prestige ! L'université résonnait à mes oreilles comme un lieu de gloire et de succès, le berceau des esprits les plus critiques et les plus aiguisés de nos sociétés mais aussi une source de savoir et d'opinions diverses.
C'était mon opinion avant d'y avoir goûté.

D'abord, l'illogique m'a frappé aux yeux dès les premières semaines. Dans le cours de pédagogie notamment, les professeurs nous présentent longuement les différents types d'enseignement (humaniste, prônant la liberté, apprentissage personnalisé, évaluations, suivi, etc.). Bref, toutes sortes de pratiques étudiées dans un but pédagogique de haute qualité, et visant la réussite.
Alors pourquoi ces mêmes personnes enseignent-ils toujours avec la pire méthode pédagogique qu'il nous enseignent? J'entends par là un enseignement de type institutionnel. Le "Maître" parle, l'élève écoute, se tait, et ne discute pas.
Comment peut-on étudier un concept reconnu non-appliqué? Comment croire à une institution qui fait l'inverse de ce qu'elle prône?

Ensuite, toujours en rapport avec le style "éducatif", est la naissance de cet esprit critique élitiste. L'idée première était un lieu de discussion, d'argumentation. Bien que je ne sois guère pro-américain, je dois bien leur reconnaître que leurs universités sont des modèles. Journaux, radio libre, quiconque peut écrire au sujet de ces avis, etc. Dans nos contrées, les choses se déroulent très différemment. Une pile de syllabi, des cours durant lesquels les élèves se doivent d'écouter, de se taire, et de manger intellectuellement sans sommation.
On nous sert des quantités indigestes de théories farfelues et indiscutables dont nos esprits se gavent maladivement tels de bons Homo Pamphagus bien modernes (cfr. Friedrich Nietzsche). Notre esprit malade ne joue qu'un rôle de disque dur informatique dans lequel on insère des données, encore et encore.
Où est l'expression d'opinion personnelle? Le développement d'un esprit critique, d'une argumentation? Nulle part.

Enfin, le résultat de ce développement se reflète la personnalité des élèves. La plupart sont encore au stade du maternage. L'indépendance n'est pas encore au rendez-vous: sans leurs précieux parents, nulle doute que la plupart n'y parviendraient pas. On notera également la qualité des dialogues qui sont d'une médiocrité à couper le souffle.
La renommée faussement attribuée à l'université contribue encore aujourd'hui à cette image de prestige, là où, au fond, il n'y a que fausse prétention et un indubitable besoin de se sentir supérieur, sentiments largement remarquables chez ces "étudiants supérieurs". Quelle rigolade.
Pour ma part, des individus qui passent une moitié de décennie à engloutir des connaissances brutes telles des machines ne méritent que mon mépris. Leur papier certifié par des instances que je ne reconnais pas en tant que telles ne vaut rien.

En bref, une institution qui crée de parfaits petits moutons de Panurge, institutionnalisés, dressés pour obéir et marcher au pas, voilà ce que sont nos universités, avec en cadeau de consolation, ce voile métaphorique de faire partie d'une élite, comblant la petitesse de ces esprits gavés.

[9 février 2009]

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